Souffrir pour être belle : l’histoire effrayante des cosmétiques à l’arsenic

Une femme en robe de bal bleue de style victorien tenant un éventail blanc, avec un texte superposé qui dit « Souffrir pour être belle : des cosmétiques à l'arsenic? ».

Connaissez-vous l’expression « Il faut souffrir pour être belle » ? Cette expression fait référence au fait que les routines de beauté provoquent parfois de la douleur. Pensons au feu du rasoir ou encore à l’épilation à la cire. Mais cette phrase prend une tournure beaucoup plus sombre quand on pense à l’époque victorienne. Une routine de beauté populaire impliquait la consommation d’arsenic pour éclaircir le teint!

Manger de l’arsenic? C’est surprenant, mais c’est vrai! Au 19e siècle, durant l’époque victorienne, avoir un teint pâle était très à la mode pour les femmes en Angleterre. On pouvait se procurer des gaufrettes d’arsenic à la pharmacie. Ces gaufrettes éliminaient les rougeurs de la peau en détruisant les globules rouges. Il existait aussi divers cosmétiques qui contenaient de l’arsenic, tels que des savons ou des crèmes pour le visage.

La toxicité de l’arsenic

L’arsenic est reconnu comme un poison depuis l’Antiquité. Pourquoi donc l’utilisait-on dans les routines de beauté? Les compagnies pharmaceutiques affirmaient qu’il était sans danger à très faible dose. Les consommateurs négligeaient toutefois les effets cumulatifs d’une exposition répétée. En effet, une exposition prolongée à de faibles doses mène à une intoxication chronique appelée l’arsénicisme. L’arsenic tue par l’inhibition allostérique des enzymes nécessaires au métabolisme. Cela veut dire que les fonctions vitales du corps humain sont « bloquées » et que les processus chimiques normaux ne peuvent plus se produire. À long terme, l’empoisonnement à l’arsenic entraîne une défaillance multiple des organes. Paradoxalement, une exposition continuelle à l’arsenic peut provoquer des rougeurs et des gonflements cutanés… en plus des cancers cutanés ou bronchopulmonaires!

L’arsenic est un oligoélément, c’est-à-dire que toute matière vivante sur Terre en contient des traces. C’est un élément fondamental de la composition de la croûte terrestre. Il s’infiltre dans les sources d’eau de façon naturelle quand les roches ou les dépôts minéraux contenant de l’arsenic se dissolvent dans les lacs, les rivières ou les nappes phréatiques. Des traces d’arsenic naturel ne sont pas dangereuses… il suffit de ne pas en manger pour être belle!


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Vocabulaire :
  • Feu du rasoir (nom masculin) : razor burn
  • Épilation à la cire (nom féminin) : waxing
  • Globules rouges (nom masculin) : red blood cell
  • Défaillance (nom féminin) : failure / breakdown
  • Gonflement (nom masculin) : swelling. In this context we are referring to the skin swelling (cutané is an adjective for skin: cutaneous).
  • Oligoélément (nom masculin) : trace element
  • Nappe phréatique (nom féminin) : groundwater / aquifer

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